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Au sud-ouest de la commune de Saint-Nazaire, deux pointes rocheuses encadrent un linéaire côtier ponctué de plages de sable. Poste d’observation privilégié sur l’embouchure du fleuve et l’océan, le site est marqué par la double empreinte des fortifications littorales et de la villégiature.

Les défenses cotières de l'embouchure de la Loire

 

Depuis les Vikings qui l’utilisèrent comme une porte d’entrée pour envahir le pays au IXe siècle, l’embouchure de la Loire est un maillon faible dans la défense du territoire. De part et d’autre de l’estuaire, des ouvrages militaires parsèment la côte pour dissuader les tentatives d’incursion. Les édifices de la Seconde Guerre mondiale sont les plus prégnants, bien sûr, rendus presque immuables par leur taille, leur épaisseur et leur robustesse.

À la pointe de l’Ève, le promontoire rocheux a été acquis par l’armée française au milieu du XIXe siècle : une telle esplanade sur l’estuaire ne pouvait éviter un destin militaire. Équipé d’importantes pièces d’artillerie côtière, le fort de l’Ève se dote de casernements, de magasins taillés dans la roche et de plates-formes de tir pour protéger le port de Saint-Nazaire, distant de six kilomètres, contre toute attaque maritime. Du pain béni pour les Allemands, qui s’en emparent en 1940. Sous les ordres du commandant Dieckmann, qui préfère s’installer au sémaphore de Chémoulin pour superviser l’ensemble des défenses côtières de l’embouchure, le fort de l’Ève est perfectionné à marches forcées. Ses canons ne serviront qu’une seule fois, dans la nuit du 27 au 28 mars 1942, lorsqu’ils cracheront des centaines d’obus sur la flottille de l’opération Chariot enfin repérée, déjà très avancée dans l’estuaire, à moins de deux milles nautiques du port de Saint-Nazaire et de la forme Joubert, sa cible ultime.

Des Rives

Saint-Marc-sur-mer et la villégiature

Contrairement à une idée reçue, Saint-Marc-sur-Mer n’est pas une commune mais un quartier appartenant à Saint-Nazaire. L’éloignement avec le centre-ville reconstruit nourrit cette confusion, parfois entretenue par les habitants du quartier eux-mêmes. Au XIXe siècle, le bourg de Saint-Marc se développe avec l’essor des bains de mer. Les pensions de famille accueillent les villégiateurs, mais c’est surtout la fréquentation par les Nazairiens à la journée qui fait l’activité du lieu. A côté des villas cossues fleurissent des maisons plus modestes. Certaines d’entre-elles appartiennent à des commerçants Nazairiens. Ils vivent dans le centre-ville ou à Méan-Penhoët et passent leurs congés dans leur propriété saint-marcoise. Avant-guerre, un trajet Méan - Saint-Marc en voiture à cheval était une véritable expédition ! L'activité du bourg reste modeste jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Saint-Marc étant en concurrence avec les prestigieuses stations voisines. C'est après le tournage des Vacances de M. Hulot de Jacques Tati à l'Hôtel de la Plage que le lieu connaît un nouvel élan. Aujourd’hui, cette station balnéaire familiale continue d’attirer les vacanciers.

Inventaire du Patrimoine

Le sémaphore de Chemoulin

 

Malgré ses airs de villa cossue, le sémaphore de Chémoulin dépend du ministère de la Défense. Sur sa clôture qui borde le chemin des douaniers, des panneaux avertissent les promeneurs qu’ils longent un terrain militaire interdit d’accès. Un pylône bardé d’antennes et de radars se dresse dans l’enceinte, seul attribut visible d’une technologie dédiée à la surveillance des côtes.

La France compte vingt-six sémaphores sur sa façade atlantique. Autant d’yeux et d’oreilles qui scrutent et écoutent tout ce qui se fait, tout ce qui se dit, tout ce qui survient sur la rive maritime. « Les sémaphores sont un maillon essentiel de la défense maritime du territoire et, du fait de leur localisation, de leurs compétences et de leur armement permanent, ils concourent également aux missions de l’assistance en mer », précise la lettre nous autorisant à pénétrer dans le sémaphore de Chémoulin. Autrement dit, si celui-ci surveille particulièrement l’accès à l’estuaire en contrôlant le trafic du chenal de navigation, s’il guette d’éventuels appels de détresse de navires marchands, de chalutiers ou de bateaux de plaisance, s’il informe immédiatement toutes les autorités compétentes comme le port de Nantes - Saint-Nazaire, la Société nationale de sauvetage en mer, la gendarmerie maritime ou les douanes, il fait également partie de la défense opérationnelle du territoire et reste à l’affût de toute navigation présentant un danger potentiel.

Des Rives

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