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Quel chemin parcouru ! Depuis les destructions de la Seconde Guerre mondiale, Saint-Nazaire n’a eu de cesse de se réinventer et de réinterroger son rapport à la Loire et à la mer. Et c’est grâce à la reconquête de son littoral lancée dans les années 2000 au travers de projets urbains, que la ville a su se réconcilier avec ses habitants et visiteurs. Son crédo, mettre en lumière une cité balnéaire au patrimoine aussi riche que varié.

Réinventer la ville

 

Dans les années 1980, deux opérations d’urbanisme vont permettre de reconfigurer Saint-Nazaire. La première s’attaque à la question des commerces de l’avenue de la République, ce nouveau centre-ville créé par l’architecte Le Maresquier lors de la reconstruction d’après-guerre. L’avenue a certes moins de cinquante ans mais elle fait désormais partie de l’histoire de la ville. Il s’agit donc de la redynamiser. Un centre commercial est édifié au cœur de l’artère. Surnommé « Le Paquebot » en raison de sa forme allongée et de son toit au profil en coque renversée, il enraye la spirale du déclin : aimantés depuis quelques années par les grandes surfaces qui ont poussé en périphérie, commerçants et clients reviennent au centre-ville.

Dix ans plus tard, dans les années 1990, c’est au tour de l’ancien centre-ville de faire l’objet de toutes les attentions. L’ambition affichée est de réconcilier la ville avec son port, ce port voulu par l’État au xixe siècle et sans lequel Saint-Nazaire serait restée un petit village de pêcheurs. Une question taraude alors tous les esprits : faut-il détruire la base sous-marine ? Contrairement au mythe qui s’accroche aux armatures de fer qu’elle laisse entrevoir dans les écorchures de son béton, elle n’est pas indestructible. Mais à quel coût ! Le nouveau maire n’en démord pas : la base fait désormais partie de l’histoire de Saint-Nazaire, elle a même façonné la ville de l’après-guerre. Il faut donc l’assumer.

Le quartier de La Havanne

Difficile d’imaginer à l’emplacement de ce quartier, des pins et des dunes glissant vers la Loire ! Et pourtant c’est de ce paysage qu’est né le lotissement du Sable suite à la mise en vente de terrains par les sociétés Duquaire et de Béarn, au tournant du XXe siècle. Dès leur création, les allées portent le nom des escales des paquebots de la Compagnie Générale Transatlantique : Mexico, Véra Cruz, Santander. Mais c’est celui de la Havane que la postérité retiendra pour désigner ce quartier, par chance épargné par les bombardements. Arpenter ces rues, c’est s’évader vers l’Amérique Centrale mais aussi vers l’Angleterre, avec ces maisons mitoyennes, construites en retrait de la rue, sur des parcelles étroites, références aux lotissements urbains anglais de la fin du XIXe siècle. La diversité des styles architecturaux des villas proches du type balnéaire : chalet, pittoresque, néo-basque, néo-normand, sont autant d’invitation au voyage.

Inventaire du Patrimoine

Immeuble dit "le grand large"

Au bord de la plage de Villès-Martin se dresse l’immeuble « Le Grand Large ». Construit en 1973 d’après les plans du constructeur Raymond Beaulande, il occupe une parcelle où se trouvait autrefois la demeure du député Jean Guitton, elle-même édifiée une quinzaine d’années auparavant. Les pieds quasiment dans l’eau et la tête caressée par les vents, « Le Grand Large » est en adéquation avec les horizons lointains que son nom évoque pour qui a la chance de contempler l’incroyable panorama offert sur l’estuaire et ses mouvements. Bâti bien avant la loi Littoral, cet édifice fait aujourd’hui partie intégrante du paysage maritime de Saint-Nazaire au même titre que le phare et le fort napoléonien qu’il surplombe.

Inventaire du Patrimoine

Le Sammy, monument américain

 

La statue de Sammy, comme le surnomment les Nazairiens, ce soldat américain tout en bronze, de cinq mètres de haut et juché sur un aigle de dix mètres d’envergure. Perché sur un piton de granit dressé sur l’estran, il a été inauguré en 1926 par le général Pershing en l’honneur des premières troupes américaines qui débarquèrent à Saint-Nazaire en 1917 pour venir en aide aux Alliés enlisés dans les tranchées de l’est de la France. Sammy n’a pas résisté à la colère des nazis qui le pulvérisèrent le 13 décembre 1941, deux jours après la déclaration de guerre de Berlin à Washington, mais il a retrouvé sa place en 1989.

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